
Trotteur bébé ou chariot de marche bébé: ce n’est pas le même produit
Un trotteur offert par la famille, un modèle vu chez des amis, une vidéo qui montre un bébé qui « file » à toute allure : la question revient chez presque tous les parents. Mais avant de répondre, il faut lever une confusion fréquente, entretenue par les fiches produit elles-mêmes : le mot « trotteur » désigne sur internet deux objets très différents, l’un déconseillé, l’autre plutôt bien vu. Voici comment les distinguer, ce que disent les pédiatres sur chacun, et ce que vous pouvez proposer à votre enfant selon son stade.
Trotteur bébé, chariot de marche, porteur : ne confondez pas ces objets
Trois produits, trois usages. Regardez la photo avant de vous fier au nom du produit : beaucoup de boutiques les appellent tous « trotteur ».
Le trotteur pour bébé, ou youpala : un siège à roulettes
L’enfant est assis dans un siège monté sur roulettes, jambes pendantes, pieds touchant le sol. Il se déplace en poussant avec les pieds, souvent très vite. C’est ce produit précisément que les pédiatres déconseillent, pour les raisons détaillées plus bas.
Le chariot de marche bébé : un pousseur pour un enfant déjà debout
Ici, l’enfant est debout, derrière l’objet, et le pousse devant lui en marchant. Il n’y a pas de siège : l’enfant tient l’appareil avec ses mains et prend appui dessus pendant qu’il avance. C’est un produit distinct, dont l’avis des professionnels est nettement plus favorable.
Le porteur : un jouet à chevaucher
Le porteur est un petit véhicule que l’enfant enfourche et fait avancer avec ses pieds, une fois qu’il marche déjà de façon autonome. Il n’accompagne pas l’apprentissage de la marche, contrairement au chariot.
Pourquoi le trotteur (siège à roulettes) est déconseillé
D’après Santé.fr, l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA) déconseille formellement ce type de trotteur depuis plus de trente ans. Deux raisons reviennent.
Le risque d’accident à la maison
Dans ce siège à roulettes, l’enfant se déplace vite et atteint des endroits qu’il ne pourrait pas rejoindre seul : escaliers, cuisinière, cheminée, objets posés en hauteur. Les accidents décrits sont les chutes dans les escaliers, les chocs contre les meubles avec traumatisme crânien, les brûlures et les renversements sur un tapis ou un petit obstacle.
Santé.fr cite des données anciennes mais toujours reprises : au Canada, où ce trotteur est interdit depuis 2004, l’enquête qui a précédé l’interdiction relevait environ 1 000 accidents par an pour 500 000 trotteurs utilisés, dont une large majorité de chutes dans les escaliers. À Toulouse, 178 accidents ont été documentés entre 2003 et 2005.
Ce que ce trotteur change dans l’apprentissage de la marche
Ce siège place l’enfant en position verticale plus tôt que son corps ne le ferait naturellement, et lui impose un rythme de déplacement peu naturel. Selon Santé.fr, il empêche l’enfant de trouver peu à peu son propre équilibre et favorise une marche mal maîtrisée. Il n’existe donc pas de bénéfice reconnu pour apprendre à marcher.
Ce que disent les autorités en France, en Europe et au Canada sur ce trotteur
- En France, ce trotteur est interdit en crèche et chez les assistantes maternelles, d’après Santé.fr, et une vigilance a été recommandée dès 2004 par la Commission de la sécurité des consommateurs.
- Au Canada, la vente est interdite depuis 2004.
- Dans l’Union européenne, il reste autorisé à la vente, avec des avertissements obligatoires sur le produit.
Le fait qu’un modèle soit en vente ne signifie donc pas que les professionnels de santé le recommandent.
Le chariot de marche : un avis plus favorable, mais pas sans précautions
Contrairement au trotteur à siège, le chariot de marche ne fait pas l’objet d’une mise en garde des autorités de santé. L’enfant y reste debout et libre de ses mouvements, ce qui change la nature du produit. Des professionnels de la petite enfance le considèrent utile pour un enfant qui met un peu plus de temps à se lancer, sans pour autant le juger indispensable : beaucoup d’enfants marchent très bien sans y être passés.
Cela ne veut pas dire qu’il est sans risque. Quelques précautions raisonnables :
- Installer des barrières en haut des escaliers, comme pour tout enfant qui commence à se déplacer debout.
- Dégager la pièce des objets fragiles ou dangereux à hauteur de l’enfant.
- Choisir un modèle stable, avec une hauteur de poignée réglable si possible.
- Rester à proximité pendant toute l’utilisation.
- Suivre les indications d’âge et d’usage données par le fabricant sur l’emballage ou la notice.
Nous ne donnons pas ici d’âge précis : chaque enfant se met debout à son rythme, et c’est ce repère, plutôt qu’un nombre de mois, qui doit guider le moment d’essayer un chariot de marche.
À quel âge ?
Pour le trotteur à siège, la réponse est simple : aucun âge d’utilisation n’est recommandé, puisque les professionnels de santé le déconseillent quel que soit l’âge de l’enfant.
Pour le chariot de marche, il n’existe pas de règle universelle. Il prend son sens une fois que l’enfant se tient déjà debout en s’appuyant sur un meuble ou sur vos mains. Vérifiez malgré tout l’âge et le poids indiqués par le fabricant, qui varient d’un modèle à l’autre.
Pour rappel, selon Santé.fr, l’acquisition de la marche se situe en général entre 12 et 18 mois, après plusieurs étapes (se retourner, tenir assis, se déplacer à quatre pattes, faire ses premiers pas en s’appuyant). Chaque enfant a son rythme. Si vous vous interrogez sur le développement de votre enfant, parlez-en à votre médecin ou à votre pédiatre.
Et le porteur, pour quel âge ?
Le porteur à chevaucher prend sa place plus tard, une fois que l’enfant marche déjà seul avec assurance. Là encore, la notice du fabricant indique l’âge et le poids couverts par le modèle.
Et si l’on vous a déjà offert un trotteur à siège ?
Vous n’avez aucune obligation de l’utiliser. Vous pouvez le remplacer par un tapis d’éveil, un espace de jeu au sol, ou un chariot de marche si votre enfant se tient déjà debout. Si vous hésitez, un échange avec votre pédiatre ou votre médecin permet de décider avec quelqu’un qui connaît votre enfant.
Questions fréquentes
Trotteur et chariot de marche, est-ce la même chose ?
Non. Le trotteur (ou youpala) est un siège à roulettes dans lequel l’enfant est assis. Le chariot de marche est un pousseur que l’enfant utilise debout. Les avis des professionnels diffèrent nettement entre les deux.
Le trotteur aide-t-il bébé à marcher plus tôt ?
Non, pour le trotteur à siège. Selon Santé.fr, il perturbe au contraire l’apprentissage de l’équilibre et de la coordination.
Le chariot de marche est-il dangereux ?
Il ne fait pas l’objet des mêmes mises en garde que le trotteur à siège, mais il demande les mêmes précautions que tout objet qui aide un enfant à se déplacer debout : barrières d’escalier, pièce dégagée, surveillance.
Le trotteur à siège est-il autorisé en France ?
Il est vendu, mais il est déconseillé par les professionnels de santé et, d’après Santé.fr, interdit en crèche et chez les assistantes maternelles.
Mon enfant ne marche pas encore : dois-je m’inquiéter ?
Chaque enfant a son rythme. Si vous avez un doute sur son développement moteur, parlez-en à votre médecin ou à votre pédiatre lors d’une consultation.
En résumé
Sous le même mot « trotteur », deux produits très différents : le siège à roulettes, déconseillé par les pédiatres pour le risque d’accident et son effet sur l’équilibre, et le chariot de marche, mieux considéré, à utiliser une fois que l’enfant tient déjà debout et avec les précautions habituelles. Regardez toujours la photo du produit, pas seulement son nom, avant de faire votre choix.
Sources
- Santé.fr : Est-il vrai que les trotteurs pour bébés sont déconseillés ?
- Santé.fr : Trotteurs bébé, une mauvaise idée pour apprendre à marcher
- Charenton Ostéo : Chariot de marche, trotteur, youpala, quels sont les avis des pédiatres ?
- Repro Psycho : Quel est l’avis des pédiatres sur le chariot de marche ?
